Dans le contexte du marché pétrolier, les accusations de manipulation des données par l’IEA font référence à des divergences majeures observées entre ses rapports et la réalité du terrain.
Selon l’analyse de Réda Aboutika (XTB France) lors du point de marché du 10 août 2022, un exemple historique illustre parfaitement pourquoi de nombreux analystes doutent parfois de la véracité des chiffres officiels américains .
📉 L’exemple du rapport d’août 2022 : des chiffres « faits sur mesure » ?
En août 2022, le cours du pétrole WTI venait de grimper au-dessus des 90 dollars le baril suite à l’annonce de la suspension des exportations russes vers l’Europe centrale. Immédiatement après, la publication d’un rapport de l’IEA a totalement effacé ces gains en annonçant des prévisions de production record :
- Des prévisions irréalistes : L’IEA prévoyait une augmentation massive de la production américaine pour atteindre 12,8 millions de barils par jour en 2023, soit la plus grosse production de l’histoire des États-Unis .
- Le doute des analystes : Cette estimation a été jugée « irréaliste » et « difficile à croire » par les experts, car les dépenses en capital des compagnies pétrolières étaient alors à leur niveau le plus bas depuis des années, rendant une telle explosion de la production techniquement improbable.
Les deux types de divergences qui alimentent les soupçons
L’analyse met en lumière deux anomalies récurrentes dans les publications de l’IEA qui poussent le marché à parler de données « trafiquées » ou manipulées pour faire baisser artificiellement les prix :
- Contradiction sur la demande de carburant : À cette période, les données privées directes issues des stations-essence et des raffineries mesuraient une hausse de la demande . À l’inverse, l’IEA affichait une baisse de la demande sous les niveaux de l’année 2020, créant une divergence flagrante.
- Le recours systématique aux révisions mensuelles : L’IEA publie des données hebdomadaires très approximatives qui font immédiatement baisser les cours. Bizarrement, ces chiffres sont ensuite discrètement révisés à la hausse des mois plus tard lors des rapports mensuels, une fois que l’impact baissier sur les prix à la pompe a eu lieu.
Lire aussi : Statistiques Pétrole
Lire aussi : L’OPEP prévoit une hausse continue de la demande de pétrole jusqu’en 2050


